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Rencontre avec écrivains

Ateliers d'écriture avec Joël Bastard : le 5 décembre 2013

Par NATHALIE METAIS, publié le lundi 6 janvier 2014 16:38 - Mis à jour le jeudi 8 mai 2014 09:13

Joël Bastard est revenu le 5 décembre au Lycée Joachim du Bellay pour animer des ateliers d’écriture à destination de deux classes de 1 ère Littéraire, ainsi qu’aux élèves qui fréquentent régulièrement l’atelier d’écriture du lycée.

 


 

Pour préparer cette intervention, les élèves ont découvert l’auteur à travers ses écrits et rédigé entre autres son portrait.

 

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                                                 Il  se nourrit d’images depuis toujours.

                                                  Il se souvient de son enfance, du chêne, des cailloux, d’un lézard et d’un petit moulin à café.

                                                  Il aime le goût des tomates et la couleur du ciel.

                                                  Il écrit des poèmes comme le rossignol chante sur sa branche.

                                                                                     Flora

 

 

          Ecrire  :

         commence dans la tête

         c’est compliqué

         poser les mots

        regarder autour de soi

        commencer par quelque chose

       donner du poids aux mots

       donner du sens

       mettre des mots sur ses émotions

       prendre le temps de s’écouter

      regarder son âme dans un miroir

      livrer un peu de soi-même

      faire parler sa voix intérieure

     pour dire ce que l’on pense

     pour se libérer

     pour hurler mais surtout pour se taire

     pour se vider la tête quand on ne peut parler

     pour raconter une histoire

    se promener en lieux inconnus

           

réinventer le monde   

ne pas se donner de limite

pour vivre et mourir libre

Ecrire  :

comme le pinson chante

par amour, par passion

pour passer le temps

pour rêver, voyager

pour s’amuser

pour faire pleurer

pour oublier

quand on a mal

quand on est heureux

se confier

avancer

laisser une trace de notre passage sur terre

être surpris de ce qui sort de sa plume

pour toi, pour moi ou pour eux

POUR MOI  

Ecrire, c’est le sport des petites mains.

Collectif 1ère L2                                     

 

Ateliers d'écriture avec Joël Bastard

 

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« J’écris beaucoup dans les yeux, j’écris ce que je vois, je ne pense pas ce que j’écris, c’est l’écriture qui pense pour moi, je la suis. »

 

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« C’est le poème qui s’écrit, on ne doit pas penser le poème, on doit l’écrire. »

« On n’arrive pas à s’inventer autre que ce que l’on est, il faut être au plus près de ce que l’on a dans le cœur et dans sa cervelle »

 

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«  Ecrire dans votre forme à vous, on a tous une manière de parler, de raconter une histoire, de communiquer. On a tous un rythme, une manière à soi de dire le monde. »

 « La poésie c’est être juste, il n’y a pas de verbiage en poésie, le grand art c’est d’écrire dans le concis, dans le dense et dans le cours. »

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« Il faut toujours se méfier des automatismes : les nuages s’amoncellent toujours, le soleil est toujours brûlant… Il faut se méfier des lieux communs, pour que ce soit vraiment son poème et sa langue il faut trouver des petites choses. Quelque fois, c’est retrouver les images du dictionnaire, des définitions. »            

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Et ils ont écrit, raturé, enlevé du texte...

 

 

Le bus

Des regards divaguent par la fenêtre

aucune parole, quelques rires venant du fond

la pluie s’écoule plus ou moins rapidement.

Une personne arrive, puis une autre

aucune attention, ignorance

rester dans son monde

aucune expression.

Juste des visages fermés,

chacun sa place,

chacun sa direction.

Margaux

              

Le voyageur

Le plus libre dans l’histoire, c’est quand même le voyageur,

Libre comme l’eau, comme le vent.

Il va où il veut, quand il veut. Sa vie, où plutôt son roman,

Contrairement aux autres, c’est lui qui l’écrit, c’est lui qui le ponctue,

À sa façon, à sa manière

Varie entre virgules et points, entre paragraphes et chapitres.

Ils les observent les autres, mais surtout leur livre,

Leur livre où il n’y a qu’un voire deux paragraphes,

Oui, il sourit.

Ulysse

                                  

        

 

À St Jean d’Acre, le soleil gronde.

La tension est lourde et la mer, calme.

Les enfants jouent au milieu des ordures.

Le bleu turquoise inonde la ville.

Une voix chante dans les hauts parleurs :

Le quotidien prend sa pose.

Pas de gémissements ni de pleurs,

Que de grands sourires au monde qui s’offre à eux

Dans le brouhaha du souk.

Loin du combat et des étoiles de cendre

Règne le lourd secret.

Louise

                                  

Des milliers de visages alignés,

ils se ressemblent tous

attendant le métro les emmenant ailleurs, 

les transportant dans un endroit pareil à celui-ci.

Et moi j’entre en silence,

je sens tous les regards se poser sur moi,

sur moi, l’occidentale aux grands yeux bleus.

Je ne suis pas des leurs, ils n’aiment pas ça,

ces milliers de têtes n’en regardent qu’une seule

laissant derrière moi une ombre, un malaise

qui grandit chaque fois que le métro repart.

Edith      

            

 

 

Un homme assis en tailleur par terre.

Devant lui une petite boîte,

Pour l'instant peu de pièces.

Sur son visage toujours le même sourire.

Il ne bouge pas,

toujours au même endroit,

il résiste,

prouve au monde sa détermination.

Réussir malgré la difficulté,

il doit attendre une lueur

une générosité qui arrivera.

Manon

                                           

Le calme s'écoule des branches.

Le ciel pâle apparaît derrière un toit.

Fraîcheur matinale.

Un banc.

Des bruits de pas.

Des sourires évaporés.

Silence.

Mille feuilles au-dessus de nos têtes.

Univers infiniment grand.

Bottes en cuir sur le pavé,

délicat bruissement du vent dans les feuilles.

Tous ont le regard dans un non-lieu

alors qu'il y a ici et maintenant

une infime ouverture sur ce qui nous dépasse.

Lumière lointaine.

Flora

                                  

 

 

Le théâtre ouvre ses portes, le rideau s'ouvre

et déjà c'est l'exaltation des sens

un éblouissement qui transporte l'esprit

des voix qui deviennent familières à mon ouïe

Lorsqu'on y repense, le frisson est immédiat

un sourire se dessine et la saveur revit

comme un petit goût acidulé qui peu à peu m'emplit

L'acteur porte un masque,

celui des spectateurs est tombé.

Elisa

                                                              

Là-bas, au loin, l'eau bleue, contrastant à merveille

Avec le sable fin, rougi par le soleil,

Va, vient, bruit, caresse de sa main

Le dos rond des galets, jaunes, ocre et carmin.

Il y a là une odeur, puissante mais légère,

Une odeur fraîche, senteur de pin, la mer.

Marius

                  

 

 

Le pays jaune, c’est comme ça que je l’appelle

Le pays jaune

Un souffle nouveau, celui du vent chaud

Les premiers pas sur le sable,

Une enfant

Courir dans les souks les pieds nus

Pourquoi ne pas rester ici

L’eau polluée, ses chevaux affamés

Et ses bambins qui crient dans les bras de leur mère

Qui font le trottoir pour sortir de cet enfer

Malgré cette misère j’ai tant appris

Etre immensément petite dans cette vallée des rois

Joana

                                                                                                                 ......................  ..                               ....                                             ............       

Il y a des balançoires, des vieux manèges,

des tourniquets, des toboggans.

Tout semble figé dans le temps

rien ne change

malgré les années c'est  un endroit

où il ne pleut jamais.

Pourtant l'eau est partout

dans les fontaines

dans les arrosoirs des jardiniers,

les larmes des enfants.

Je me souviens de ce parc,

des enfants, de la musique, des fontaines,

du théâtre et des marionnettes,

un endroit magnifique.

Fanny

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